
10 mai, jour 44.
Après avoir passé une semaine à se reposer à Namche Bazar à 3450 mètres d’altitude, Nathalie Fortin est maintenant de retour au camp de base. Cette période de repos 2000 mètres plus bas que le camp de base lui sera très profitable dans les semaines à venir.
À Namche Bazar, nos grimpeurs en ont profité pour faire le plein et bien manger. Par contre, pour y avoir goûté, je dois dire que la meilleure nourriture est définitivement au camp de base. Nathalie me l’a d’ailleurs confirmé, elle a mangé du bison accompagné de légumes et de soupe pour souper! Gabriel n’a visiblement pas lésiné en ce qui concerne la bouffe de ses troupes. D’ailleurs, il y a quelques jours, il a fait une surprise en allant rejoindre Nathalie, Pierre et Paul à Pheriche. Une belle petite course de 20 kilomètres, à mi-chemin entre Namche Bazar et le camp de base!
Namche Bazar est vraiment le plus beau village où demeurer dans cette région. C’est l’endroit que j’ai le plus apprécié durant le trek. J’en rêvais à mon retour du camp de base. Les chambres sont les plus grandes et elles contiennent une douche… avec de l’eau chaude! C’est plutôt rare dans le coin! En plus, il y a des couvertures chauffantes, car là comme partout, les chambres ne sont pas chauffées. Vous comprendrez que lorsque l’on passe une semaine sans se laver, à coucher dans des lodges non chauffés, cette simple commodité de douche à l’eau chaude est un luxe extraordinaire. C’est cette pensée qui m’a habité durant toute ma journée de descente entre Pheriche et Namche. Ces huit heures à marcher allaient être récompensé de belle façon. Cette journée-la, j’ai dû demander au moins 5 fois à Gumbu, mon guide, si j’avais bien une réservation. En effet, le soir précédent, à Pheriche, ce n’avait pas été le cas et je vous épargne la description du lodge !
Arrivé au lodge tant attendu à Namche, je suis allé voir la dame qui gérait l’hôtel. Je lui dis que je fais partie du groupe de Gabriel. Elle me sourit, se retourne et me montre une clef de chambre : « On vous a gardé cette chambre, c’est ma dernière ». Un grand sourire illumina mon visage, jusqu’à ce qu’elle ajoute : « Mais la clef est brisée dans la serrure et on ne peut pas ouvrir la porte ». Je me suis tourné vers Gumbu, et je voyais l’impuissance dans son visage. J’ai regardé la bonne dame avec un air épuisé de Beagle battu, mais ça ne fonctionnait vraiment pas! Elle me répéta qu’on ne pouvait pas ouvrir cette chambre et les autres Lodges étaient pleins.
Résigné, je lui demandai la clef cassée et lui dit que j’allais ouvrir la porte. Elle me donna la clef et m’envoya son fils pour m’accompagner (ou sans doute plus pour me surveiller afin que je ne défonce pas la porte!). Après une demi-heure dans l’obscurité, parce que les corridors n’étaient pas éclairés et je n’avais pas ma lampe frontale, on a enfin réussi à ouvrir la porte à force de se battre avec la serrure. Tout ce à quoi je pensais était de prendre une bonne douche chaude. Je suis donc allé acheter du savon. À mon retour, je dis à la gérante que j’avais hâte de prendre une douche. Elle me répond : « Il n’y a pas d’eau chaude avant demain matin, il n’a pas fait soleil » (l’eau était chauffée par panneaux solaires)!
Me trouvant plutôt malchanceux, je descendis à ma chambre et pris une douche à l’eau froide, pour ne pas dire à l’eau glacée. Au moins, je m’encourageais en me disant que je pourrais dormir dans un lit avec une couverte chauffante. Je suis donc allé me coucher, je trouvai le fil électrique de la couverture et repéra la prise de courant. Le fil était trop court!
Malgré toute cette histoire, je continue de penser que Namche était le plus beau village sur le trek !
Dr Marc Bureau, chiropraticien D.C.
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